Initiation aux notes permanentes : Comment prendre des notes efficacement ?

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Si, comme moi, vous avez tellement de mal à écrire des notes que vous avez abandonné l'idée même d'en prendre, mais que vous êtes toujours à la recherche d'une solution efficace : cet article et le concept de notes permanentes peuvent vous aider.

Pourquoi faut-il écrire des notes ?

Combien de fois vous est-il arrivé de lire un livre, d'écouter un podcast ou tout simplement d'avoir une nouvelle idée intéressante pendant une réunion mais de l'oublier seulement quelques jours après ? Si la réponse est souvent, vous n'êtes pas seul. 😉

Notre cerveau n'est pas fiable

Les limites de la mémoire court-terme

L'apprentissage peut se résumer en un processus de liaison de notions de notre mémoire court-terme vers notre mémoire long-terme. La mémoire court-terme est utile pour retrouver rapidement des informations, mais elle est extrêmement limitée : elle ne peut contenir que 4 (+-1) blocs d'informations à la fois. Elle n'est pas faite pour des réflexions complexes.

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Pire ! La courbe, la courbe de l'oubli, ci-dessous nous montre comment la rétention d'informations décroit au fil du temps dès la première exposition. Cette décroissance exponentielle explique par exemple pourquoi on ne se souvient que de quelques bribes d'un livre lu il y a seulement quelques mois.

La courbe de loubli(1)

Pour résumer, notre cerveau est limité et oublie vite les informations qu'il veut retenir sans aucun exercice pour les conserver. Mais ce n'est pas tout...

Nos biais cognitifs

Il n'y a pas que la mémoire qui remet en question la fiabilité de notre cerveau ; nous avons également de nombreux biais cognitifs : biais de confirmation, biais d'attention, biais de normalisation, etc. Même si le cerveau est le système le plus complexe du corps humain, il doit faire face à beaucoup d'obstacles pour ne pas se tromper.

Par exemple, nous argumentons pour donner raison à notre point de vue initial et le débat se transforme souvent en combat à ne pas perdre. C'est ce que Julia Galef appelle "l'état d'esprit de soldat" dans son livre "The Scout Mindset". Elle l'oppose à l'état d'esprit des éclaireurs qui lui va être guidé par la recherche de ce qui se rapproche le plus de la réalité.

Tout comme l'objectif d'un éclaireur sur un champ de bataille est de dessiner la cartographie la plus précise possible, prendre des notes devient une cartographie de nos pensées que l'on jugera les plus pertinentes possibles. Cette carte nous montre ce que l'on sait, ce que l'on ne sait pas et nous guide dans notre réflexion.

Le concept de notes permanentes

D'où viennent les notes permanentes ?

Les "notes permanentes" (smart notes en anglais) est un terme utilisé dans le livre "How To Take Smart Notes" de Sönke Ahrens qui nous raconte l'histoire de Niklas Luhmann un sociologue qui a publié plusieurs centaines d'articles grâce notamment à sa méthode de prise de note : la méthode Zettelkasten.

Démarrer le système de notes

Quand on parle de prise de notes, on s'imagine surtout une personne qui pose à l'écrit quelques idées à la volée pendant une réunion. Mais ces notes sont rarement utilisées par la suite plus d'une à deux fois. Sur le long terme, ce genre de prise de notes sans structure est inutile, c'est pourquoi il faut se créer un système où chaque note ajoutée aide à un effet boule de neige de connaissances.

Ce système est un réseau de notes permanentes. L'objectif est de créer des notes et de densément les lier entre elles. Cependant, les notes permanentes ne tombent pas du ciel, la première étape est d'itérer plusieurs fois avec différents types de notes. Regardons ensemble les 3 types de notes essentiels à la création d'un réseau :

  • Les feuilles volantes,
  • les fiches de lecture,
  • les notes permanentes.

 

Les feuilles volantes

Les feuilles volantes sont simplement les notes évoquées plus haut, celles de tous les jours : quand une idée pop dans notre tête ou que l'on trouve une idée intéressante, on l'écrit pour nous libérer d'une charge mentale. Ces feuilles sont notre source principale de nouveaux concepts.

Une fois ces notes prises, le second exercice est de les épurer. Avec une routine : de suppression des paragraphes non pertinents, d'extraction des idées en plusieurs notes concises. Elle est la clef de l'accumulation des connaissances.

Pour débuter, je vous conseille de créer une note par jour et d'itérer à petite échelle : créez une nouvelle note chaque jour mais épurez les qu'une fois par semaine.

Les fiches de lecture

Les fiches de lecture sont les notes pendant la lecture d'un livre, d'un article de blog ou quand on écoute un podcast. L'important est d'arriver à écrire avec ses propres mots comment on comprend les informations apprises. On veut ici transformer une lecture passive à une prise d'information plus active. Ça peut sembler difficile comme effort, mais une fois l'habitude prise, je trouvais personnellement encore plus frustrant de ne pas extraire ce qui m'intéresse.

Les notes permanentes

Enfin les notes permanentes sont des notes atomiques et connectées. Elles viennent donc des feuilles volantes et des fiches de lecture et ne parle d'un unique sujet, aussi simple que possible car on souhaitera le connecter facilement aux autres. Elles sont la colonne vertébrale du système donc on souhaite vraiment être sélectif sur ce qui va devenir une note durable.

Une fois une note créée le second exercice est de scanner ses anciennes notes et de trouver les connexions possibles. La seule manière d'ajouter une note au système est via les connexions.

S'améliorer étape par étape

Le système doit fonctionner comme notre cerveau : des idées simples liées entre elle comme un réseau de pensées. Commencez petit : une note à la fois.

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Les notes n'ont pas besoin d'être parfaites dès le début, et en fait, elles ne le seront jamais car écrire est une activité difficile.

Pourquoi ? Parce que c'est une somme de plusieurs activités :

  • écrire les idées quand elles arrivent,
  • extraire les informations pertinentes,
  • critiquer,
  • rendre l'écriture concise et les concepts plus clairs,
  • réécrire et réécrire encore…

Et toutes ces étapes doivent être les plus séparées possible, car elles s'inhibent les unes avec les autres. Par exemple lors du premier brouillon, il ne faut pas avoir peur de paraître niais ou bête, l'objectif d'un brouillon n'est pas d'être bien, mais d'être écrit sur papier. Il y aura un temps dédié à l'autocritique où on pourra améliorer la forme. Pour le moment, écrivez simplement comme si vous vouliez le faire apprendre à vous enfant.

Je vous préviens : ce sera embarrassant.

Vous vous direz "c'est moi ou un enfant de 10 ans qui écrit ?". Mais plus vous allez itérer, meilleures seront vos notes, je vous le promets. 😊

Les notes permanentes sont votre première boucle de retours

Et c'est là où ça devient intéressant. Par habitude, vous êtes meilleur critique qu'écrivain et sachant que vous allez relire vos notes, vous vous améliorez déjà en itérant seul. Ces notes deviennent le support entre les "vous" du passé, du présent et du futur. Enfin, vous serez de plus en plus à l'aise avec les critiques des autres personnes car votre but deviendra simplement d'améliorer votre système et par extension votre manière de pensée.

Comment les notes permanentes m'aident personnellement

J'utilise ce système depuis début 2021 et j'en suis ravi !

Pour vous convaincre, je vous fais une liste de ce que j'apprécie le plus :

  • 📝 Je peux écrire des articles comme celui-ci simplement en sélectionnant des notes que j'ai déjà écrites. Le syndrome de la page blanche n'existe plus,
  • 🧠 faire confiance à un unique système permet au cerveau de réellement se libérer de la charge mentale. On sait que l'on va retrouver les informations au bon endroit,
  • 🕸 lier des concepts venant du travail, de mes passions ou de mes divertissements ouvre des possibilités auxquelles je ne pensais pas.  Je me sens plus créatif !
  • 📈 comme dit plus haut, je deviens à l'aise avec les retours des autres personnes et je deviens proactif à demander leurs avis sur comment je peux m'améliorer,
  • 🪴 voir son réseau grandir petit à petit est super gratifiant ! C'est comme s'occuper de son petit jardin.

Cependant, j'aimerais vous prévenir aussi des erreurs que j'ai pu commettre :

  • Collectionner les articles seulement pour l'envie d'accumuler les articles à lire n'aide pas. S'il y en a trop, nous n'en avons pas besoin,
  • créer un système par projet c'est perdre l'essence même du système ; on veut être capable de faire des liens entre sujet qui nous semble trop éloignés au premier abord. Le système doit nous surprendre,
  • trop réfléchir sur la structure de nos notes et dossiers dans l'application de prise de notes : ce qui est important c'est surtout de s'y retrouver facilement, la structure peut changer au fil du temps,
  • copier et coller ce qu'on trouve sur internet : liez les pages que vous voulez référencer plutôt. Mais si les notes ne sont pas les vôtres alors le système n'est plus pertinent (et comme j'aime citer CGP Grey: "Si votre esprit est constamment rempli des voix des autres, comment savez-vous ce que vous pensez sur quoi que ce soit?").

Avec tout ça en tête, j'ai créé un exemple de notes personnelles qui vous permettra d'y voir plus concrètement !

Introduire les notes permanentes dans vos projets

Je suis actuellement en train de réfléchir à comment on peut utiliser le potentiel de la méthode Zettelkasten dans un collectif. Chez BAM, je travaille en équipe en tant que chef de projet et je me pose constamment la question de comment améliorer la communication au fil du temps entre les personnes. Comme le management visuel, une bonne documentation est essentielle pour la réussite d'un projet. Avoir des standards clairs connectés entre eux me parait être la documentation ultime ! Mais je n'ai encore eu l'opportunité de l'expérimenter. Qu'en pensez-vous ? N'hésitez pas à me contacter sur Twitter pour en discuter @julien_calixte !